The Place Beyond the Pines

Luke (Ryan Gosling) est un motard cascadeur vaguant de ville en ville. Un jour, il apprend d’une aventure passée, Romina (Eva Mendes), qu’il a un fils. Luke décide de s’installer à Schenectady pour être le père qu’il n’a jamais eu. Seulement, il braque des banques pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille. Irrémédiablement, il se retrouve confronté à Avery Cross, jeune policier ambitieux. Quinze ans plus tard, le fils de Luke et celui d’Avery Cross se rencontrent, malgré eux, sans se douter de la confrontation passée de leurs pères… 20482279

Deuxième film de Derek Cianfrance, The Place Beyond the Pines n’est pas à la hauteur de son premier long-métrage : Blue Valentine. Qu’on se le dise tout de suite.

Le film est divisé en deux parties. D’abord la confrontation de Luke, le bad-boy tatoué forain et Avery, le flic honnête. Ensuite la rencontre d’A.J. et de Jason, les deux minots des Luke et Avery. La caméra de Cianfrance vise juste mais sa plume a largement dérapé.

L’idée est bonne. Un polar mélo-dramatique qui s’étend sur deux générations familiales. Elle est bonne oui, mais elle est bien trop longue. Le sens du détail et de la photographie de Cianfrance est une chose que j’admire. Pourtant l’histoire patauge, se noie et s’étouffe dans un scénario mal écrit. Après une heure et demi haletante et planante, on retombe violemment sur les fesses sans avertissement.

Pourquoi ? Pourquoi faire un film en deux parties ? Quand la première s’achève (pas de spoilers, promis), le rythme baisse et disparait. On ne le retrouvera plus d’ailleurs. Une faute cruelle de faire rencontrer les enfants des deux protagonistes 15 ans après l’altercation de leurs aïeuls. Il aurait été tellement plus intéressant qu’ils s’affrontent en même temps qu’eux. Il y avait une mine d’or sous cette histoire. Mais Derek Cianfrance, dans son délire, a tout fait péter au C4.

Un gâchis, en somme. Le pire c’est que mis à part ce choix scénaristique, il n’y a pas grand chose à corriger. Ryan Gosling fait le taff. Normal, il le connait, il l’a déjà fait dans Drive. Je me demande d’ailleurs s’il sait faire autre chose… Bradley Cooper, le bon flic hanté par ses démons passés est poignant. Notons tout de même qu’il débarque au bout de 40 minutes de film, comme une cheveu sur la soupe. Une erreur. Eva Mendes fait ce qu’il reste à faire. C’est à dire pas grand chose.

The-Place-Beyond-the-Pines6

Derek Cianfrance a perdu son fil conducteur. Francis Ford Coppola disait ceci :

« When you make a movie, always try to discover what the theme of the movie is in one or two words. Every time I made a film, I always knew what I thought the theme was, the core, in one word.

In The Godfather, it was succession. In The Conversation, it was privacy. In Apocalypse, it was morality.

The reason it’s important to have this is because most of the time what a director really does is make decisions. »

Cianfrance devrait prendre connaissance du conseil de l’ami Francis. The Place Beyond the Pines est un film sur la relation père-fils. Pas sur la vengeance ou la morale. On tient le sujet avec les tourmentes des deux pères : Luke et Avery. Mais dès qu’on bascule du point de vue des enfants, on s’y perd. En plus d’être inutile, ça nous embrouille.

Dommage. La conduite de route est bonne, le décor est planté, le bruit du moteur ronronne sur le macadam. On apprécie la balade jusqu’à ce qu’une putain de crevasse crève un pneu. Perdu au milieu de nulle part, en plein cagnard, on fini la balade à pied, étouffés et exténués, regrettant d’avoir pris la route.

PLACE BEYOND THE PINES

The-place-beyond-the-pines

Publicités